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Par Jacques Nikonoff

Le 13 avril 2016.

Le mercredi 1er juillet 2015, la GSEE (Confédération générale des travailleurs Grecs), le plus important syndicat des travailleurs du secteur privé en Grèce, totalement corrompu et contrôlé par le PASOK, affilié à l’inénarrable Confédération européenne des syndicats (CES), a fait une stupéfiante déclaration publique (voir plus bas). Elle demandait purement et simplement l’annulation du référendum voté par le Parlement grec, prévu le 5 juillet !

 

Le même jour, la CES (Confédération européenne des syndicats) a immédiatement proclamé son soutien à cet appel de la Confédération générale des travailleurs grecs.

Les masques sont tombés

Cette organisation emblématique du double discours syndical contemporain, qui s’est déclarée contre le prolongement et l’aggravation de l’austérité incluse dans tous les memoranda de la Troïka, appelle pourtant à l’annulation de la seule démarche qui aurait pu permettre à Alexis Tsipras de contrer la pression des créanciers, tant que l’on reste dans le cadre des institutions européennes et de ses traités.

Le Premier ministre grec et président de Syriza appelait en effet les citoyens grecs à trancher pour savoir s’ils acceptaient ou refusaient de plier devant les exigences des créanciers qui ne veulent rien savoir d’un assouplissement de leurs conditions. La GSEE, et la CES à sa suite, devant le risque que cette démarche démocratique mette en péril l’adhésion encore majoritaire des Grecs aux institutions européennes et accélère la sortie probable du pays de la monnaie unique, n’hésitaient pas à sacrifier la seule possibilité que les négociations repartent sur des bases moins dramatiquement hostiles aux intérêts des salariés qu’elles sont censées pourtant défendre.

Elles rejetaient ainsi la première tentative de démocratiser partiellement les démarches de négociations particulièrement antidémocratiques où le destin économique et social d’un peuple se négocie, alors que les élections du 25 janvier 2015 avaient porté au pouvoir un gouvernement sur un programme d’arrêt de l’austérité. La CES était très bien placée pour savoir qu’Alexis Tsipras était étranglé par les échéances de remboursement de la dette publique, et se trouvait ainsi contraint, puisqu’il n’avait pas le mandat de ses électeurs pour la sortie des institutions européennes, d’accepter les conditions léonines de ses créanciers. Cette initiative désespérée était donc la seule possibilité pour lui de desserrer un peu ce piège mortel pour les Grecs.

Mais entre la critique et la menace de sortie des institutions européennes et les intérêts d’un peuple européen à l’agonie du fait de ces mêmes institutions, la CES et les 88 confédérations syndicales en faisant partie – dont certaines françaises – ont fait leur choix.

La démocratie et la défense autrement que purement verbale des intérêts des salariés étant incompatibles avec les logiques des institutions européennes, ces confédérations « syndicales » se sont prêtes, sans sourciller, à sacrifier les premières. Tous les syndicats faisant partie de la CES, organisation européiste financée par l’Union européenne, étaient donc solidaires de cet aveu spectaculaire : plutôt la misère et l’austérité perpétuelle, la destruction des services publics et des acquis sociaux, le chômage de masse, que la menace de sortie des institutions néolibérales européennes !

Ces syndicats n’ont de syndicats que le nom. Ce double discours est une hypocrisie permanente, et les cadres dirigeants de ces organisations qui font le contraire de ce que ces dernières sont censées faire, tant qu’ils resteront européistes, sont les complices du vaste processus de déconstruction sociale et démocratique des États européens par le biais des institutions européennes.

Désormais tout le monde peut le constater de manière de plus en plus nette. On ne peut à la fois être européiste et syndicaliste, européiste et démocrate. Il faut choisir. La CES avait choisi depuis le début. Mais désormais cela se voit.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

POUR INFORMATION : LE COMMUNIQUE DE LA CES :

LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS SOUTIENT SON SYNDICAT GREC QUI APPELLE À L’ANNULATION DU REFERENDUM

La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale des travailleurs grecs qui appelle au retrait du référendum.

Lors d’une réunion plénière de la Confédération générale des travailleurs grecs qui s’est tenue mercredi 1er juillet 2015, le syndicat grec déclare :

La Confédération générale des travailleurs grecs considère que la tenue d’un référendum est un droit constitutionnel inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes.

Cependant, le processus lui-même du référendum actuel, ses délais, sa légalité et son contenu ont été banalisés dans un cadre de faux dilemmes et d’une trop grande vitesse, qui pourrait conduire à des situations incontrôlables et diviser la société grecque.

La Confédération, de manière non négociable, s’oppose à tous les types de mémorandums et à toutes leurs implications qui se font aux frais du monde du travail et du peuple grec, que ces mémorandums viennent des créditeurs ou du gouvernement.

Notre position est également non négociable en faveur de l’orientation européenne de notre pays, et la place de la Grèce dans l’Europe et l’eurozone.

La question posée au référendum est infondée et réduit imprudemment les choix en semant la discorde alimentée par des forces extrémistes à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce, conduisant notre pays vers des aventures tragiques.

Nous demandons ici et maintenant le retrait du référendum.

En tant que principal syndicat des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions :

• L’orientation européenne de notre pays n’est pas négociable.

• Nous disons oui à l’Europe des peuples et de la solidarité !

• Nous disons oui à la monnaie unique et à une Europe fédérale ! 1er juillet 2015 

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