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C’est à Nanterre (92), le 4 mars 2006, que Jacques Nikonoff, président d’Attac-France, prononçait l’intervention de clôture du Forum des autorités locales de périphérie (FALP).

Le 23 janvier 2003, à Alvorada (Brésil, Rio Grande du Sud, région métropolitaine de Porto Alegre), en présence de Tarso Genro, ministre fédéral du Brésil (ancien maire de Porto Alegre), s’est tenue la première assemblée publique des villes de périphérie. Elle avait lieu après les Rencontres internationales de Nanterre, en octobre 2002, co-organisées par 7 villes : Nanterre (France), Alvorada et Olinda (Brésil), Goumera (Mali), Setubal (Portugal), Ahuachapan (Salvador) et Pesaro (Italie).

Le thème était : « Villes de périphérie, jeunes, migrants : enjeux de la démocratie participative ». L’atelier intitulé « Le défi de l’inclusion sociale dans les villes de périphérie » au 3e Forum mondial des autorités locales de Porto Alegre avait été l’occasion pour les participants de réaffirmer l’importance des villes de périphérie des régions métropolitaines pour le présent et l’avenir de la citoyenneté.

 

Présentation

Si elles sont souvent des territoires où se concentrent les violences sociales, conséquences des choix politiques et économiques du néolibéralisme : casse de l’emploi et augmentation de la précarité, déréglementation des services publics, baisse des budgets sociaux, manque de logements, racisme, violences urbaines, etc., les villes de périphérie sont également des espaces de résistances, d’inventivités sociales, de pratiques démocratiques cherchant à construire avec les citoyens des alternatives.

Dans « un monde de villes » où l’urbain s’agrandit par la périphérie, leurs expériences et leurs volontés sont incontournables pour renforcer l’espoir qu’ « un autre monde est possible et il commence dans les villes ».

Les villes présentes à Alvorada le 23 janvier 2003 ont donc décidé en commun de créer un réseau mondial appelé « Villes de périphérie – démocratie participative » et de lancer un appel, à toutes les autorités locales de périphérie qui le souhaitaient, à les rejoindre pour favoriser leur expression mondiale, l’échange d’expériences, de pratiques, d’informations.

 

Co-organisateurs 

Nanterre (métropole parisienne, France) ; Allonnes (périphérie du Mans, France) ; Badalone (métropole de Barcelone, Espagne) ; Bobigny (métropole parisienne, France) ; Bondy (métropole parisienne, France) ; Canelones (métropole de Montevideo, Uruguay) ; Clichy-sous-Bois (métropole de Paris, France) ; Département de Seine-Saint-Denis (métropole parisienne, France) ; Département du Val-de-Marne (métropole parisienne, France) ; Diadema (métropole de Sao Paulo, Brésil) ; El Bosque (métropole de Santiago, Chili) ; Esteio (métropole de Porto Alegre, Brésil) ; Gennevilliers (métropole parisienne, France) ; Gravatai (métropole de Porto Alegre, Brésil) ; Guarenas (métropole de Caracas, Venezuela) ; Guarulhos (métropole de Sao Paulo, Brésil) ; Han Bel Air (métropole de Dakar, Sénégal) ; Limeil-Brévannes (métropole parisienne, France) ; Malakoff (métropole parisienne, France) ; Malvinas Argentina (métropole de Buenos Aires, Argentine) ; Molins de Rei (métropole de Barcelone, Espagne) ; Montreuil-sous-bois (métropole parisienne, France) ; Petrzalka (métropole de Bratislava, Slovaquie) ; Plaine-Commune (communauté d’agglomération, métropole parisienne, France) ; Rezé (métropole nantaise, France) ; Rivas Vaciamadrid (métropole de Madrid, Espagne) ; Saint-Denis (métropole parisienne, France) ; Santa Coloma de Gramenet (métropole de Barcelone, Espagne) ; Santo Andre (métropole de Sao Paulo, Brésil) ; Sesto San Giovanni (métropole de Milan, Italie) ; Sétubal (métropole de Lisbonne, Portugal) ; Viamao (métropole de Porto Alegre, Brésil) ; Viladecans (métropole de Barcelone, Espagne) ; Villa el Salvador (métropole de Lima, Pérou).

Partenaires 

Alliance internationale des habitants (AIA) ; Association des maires de villes de banlieue de France (AMVBF) ; Association française des conseils de communes d’Europe (AFCCRE) ; Association internationale des techniciens experts et chercheurs (AITEC) ; Association pour la démocratie et l’éducation locale sociale (ADELS) ; Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens (ATTAC) ; Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA) ; Centre d’information, de documentation et de formation des élus (CIDEFE) ; Centre international de gestion urbaine (CIGU) ; Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) ; Cités unies France (CUF) ; Formation et citoyenneté ; Institut des droits de l’homme en Catalogne ; Observatoire international de la démocratie participative (OIDP) ; Pact Arim des Hauts-de-Seine ; Réseau européen Transform ; Réseau forum des autorités locales pour l’inclusion sociale (FAL) ; Université Paris VIII-Saint-Denis / Institut d’études européennes (France) ; Université Paris X-Nanterre (France) ; Ville de Paris (France) ; Ville de San Salvador (Salvador).

Conférence de clôture « Périphéries, actrices pour un autre monde possible ? »

Présidence : Patrick Jarry : maire de Nanterre.

Intervenants : João Avamileno (maire de Santo Andre, métropole de Sao Paulo, Brésil) ; Pedro Castro (maire de Getafe, métropole de Madrid, Espagne) ; Bernard Jouve (professeur à l’École nationale des ponts et chaussés) ; Jacques Nikonoff (président d’Attac) ; Gérard Perreau-Bezouille (adjoint au maire de Nanterre) ; Gilles Retière (maire de Rézé, métropole Nantaise) ; Gilbert Roger (maire de Bondy, métropole de Paris, vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis).

 

Intervention de clôture de Jacques Nikonoff

 

C’est à un double titre que je voudrais intervenir :

- celui de militant altermondialiste à Attac ;

- celui d’ « individu périphérique » puisque j’ai habité 23 ans à La Courneuve, cité des « 4 000 logements » en Seine-Saint-Denis, département que l’on appelle désormais le « 9 cube » !

La question principale posée aux villes de « périphérie » est la question néolibérale. C’est-à-dire l’ensemble des politiques qui s’inspirent du néolibéralisme. Ce sont ces politiques qui fabriquent la mondialisation. Et la mondialisation, pour aller à l’essentiel, est la réorganisation du travail à l’échelle planétaire. Néolibéralisme, mondialisation et chômage ne sont qu’une seule et même chose.

Les jeunes du Mouvement de la rage du peuple qui sont intervenus tout à l’heure ont mis dans le mille quand ils ont dit que la mondialisation était une nouvelle forme de colonialisme. En effet, la mondialisation néolibérale peut être vue comme une tentative de colonisation du capitalisme anglo-saxon.

Chômage et précarité, particulièrement pour les jeunes, constituent le problème le plus tragique, le plus destructeur que connaissent les villes de « périphérie », celui qui est à la source de tous les autres, ou du moins à l’origine de la plupart des difficultés de la population, celui auquel il faut trouver des réponses le plus rapidement possible. Au-delà du chômage et de la précarité il convient désormais de parler de non-emploi, de sous-emploi et de mal-emploi.

Le non-emploi c’est le chômage. Un chômage qui frappe plus particulièrement les villes pauvres des banlieues et qui en fait même un des points communs. Dans certains quartiers, ce sont, en France, parfois plus de 50 % des jeunes qui sont au chômage. C’est aussi le cas à Getafe comme vient de nous le dire le maire, et encore il précise qu’il ne s’agissait que du chômage « officiel ». Ajoutons que la couleur de la peau et la consonance du nom interdisent souvent l’accès à l’emploi.

Le sous-emploi c’est la précarité. Ce sont les emplois jetables comme les contrats à durée déterminée, les stages, le temps partiel imposé, particulièrement aux femmes, le contrat première embauche (CPE) qui est la dernière trouvaille du gouvernement. Parions que les habitants des villes « périphériques » – une autre de leurs marques distinctives – seront nombreux dans les manifestations du mardi 7 mars pour demander le retrait du CPE.

Le mal-emploi c’est la souffrance au travail. Car même en ayant un emploi on peut être pauvre, on peut être stressé, on peut souffrir des conditions de travail ou de l’ambiance.

Le non-emploi, le sous-emploi et le mal-emploi sont le problème numéro 1, largement devant tous les autres. Ils provoquent le désespoir des jeunes et de leurs parents, des élus et des travailleurs sociaux, des enseignants et des militants syndicalistes ou associatifs.

Plus ou moins régulièrement, dans de nombreux pays, des « émeutes » éclatent dans les villes de périphérie. Elles reflètent rarement une révolte politique « consciente d'elle-même, poursuivant des fins, définissant un programme, s'exprimant à travers un répertoire d'actions proprement politiques » dit avec raison le sociologue Gérard Mauger. Les incendies auxquels nous avons assisté en France au mois de novembre 2005 sont évidemment plus proche du nihilisme désespéré d'une action de « classes dangereuses » que d'une action politique consciente - même violente - de « classes laborieuses ».

C’est la division du peuple qui a prévalu. Des clivages opposent entre eux garçons et filles, salariés et chômeurs, jeunes délinquants et jeunes intégrés, parents et enfants, religieux et agnostiques, français d'origine et enfants d'immigrés et, dans certains cas aussi, « céfrans » et « renois », « rebeux » et « renois », etc.

Comment reconstruire du lien, du respect, de la reconnaissance de l’autre, de l’unité, sachant que tout ceci ne peut résulter et s’incarner que dans l’action politique ? Telle est bien la question centrale : politiser et repolitiser les habitants de la périphérie.

Il est temps de sortir des faux-semblants, des diversions, des artifices, de la langue de coton. Il faut dire la vérité. Il faut une politique de vérité. Et la vérité est que ces millions de jeunes, dans tous les pays, pour ne parler que d’eux, sortis du système scolaire sans qualification, n’auront jamais d’emploi si les politiques néolibérales continuent leur œuvre effroyable de destruction.

Il faut le dire et cesser de faire croire que des mesures locales pourraient être une solution ou que tel ou tel dispositif, comme les ZEP, les PLI, les CES, les CPE, le RMI, etc. pourraient offrir la moindre perspective durable et positive.

Inutile de faire le bilan des dispositifs mis en place depuis le début des années 1980 - politiques d'insertion, politiques de la ville, politiques de prévention, politiques d’éducation - et constamment remaniés. L'échec est patent. Si utiles, voire indispensables soient-elles, les politiques de prévention sont en effet confrontées à l'obstacle qui parait insurmontable à beaucoup du chômage de masse.

Les enfants déshérités des familles paupérisées disloquées par le chômage et la précarité sont définitivement voués à l'échec scolaire et au chômage dans le cadre des politiques néolibérales. Familialement, scolairement, professionnellement disqualifiés, symboliquement discrédités, sans « affectation » ni « affiliation » (familiale, professionnelle, de classe, politique), jeunes condamnés à l'ennui d'un perpétuel présent, ils sont voués à la culture de rue et à ses petits « bizness », dit Gérard Mauger que j’ai déjà cité.

Voilà l’évolution de la situation de l’emploi en 30 ans dans une ville comme La Courneuve :

- Aérospatiale, qui s’est également appelée Sud Aviation, puis SNIAS, et aujourd’hui Eurocoptère au grès des privatisations et des fusions et acquisitions, est une entreprise qui fabrique des pales d’hélicoptères. Elle a occupé jusqu’à 1 800 ouvriers, 500 aujourd’hui.

- Almeca était spécialisée dans la mécanique de précision et employait 150 ouvriers très qualifiés. Fermeture.

- Babcock fabriquait des chaudières pour les centrales électriques thermiques et a employé 2 000 ouvriers, surtout des professionnels. Il en reste 150 aujourd’hui.

- Beguin fabriquait des fils d’acier et employait 300 ouvriers, essentiellement des OS immigrés. Fermeture.

- Cebal fabriquait des tubes de verre pour l’industrie pharmaceutique et employait 300 ouvriers, majoritairement des femmes peu qualifiées. Fermeture.

- Cusenier fabriquait des alcools et occupait 200 ouvriers. Fermeture.

- Degrémont fabriquait des appareils adoucisseurs d’eau et occupait 300 ouvriers essentiellement qualifiés. Fermeture.

- Mecano fabriquait des forets et occupait 700 ouvriers majoritairement peu qualifiés. Fermeture.

- Moïse fabriquait des locotracteurs et employait 500 ouvriers dont beaucoup immigrés peu qualifiés. Fermeture.

- Norton fabriquait des outils abrasifs et de forage et occupait 1 500 ouvriers essentiellement non qualifiés. Il en reste aujourd’hui 200.

- Rateau fabrique des turbines pour les centrales électriques et a compté jusqu’à 3 000 salariés très qualifiés. Il en reste 500 aujourd’hui dont 150 ouvriers depuis son absorption par Alstom.

- Satam fabriquait des pompes à essence et employait 700 ouvriers qualifiés. Fermeture.

- Satam froid fabriquait des vitrines réfrigérées et employait 400 ouvriers qualifiés. Fermeture.

- Sonolor fabriquait des téléviseurs et des postes de radio et occupait 700 ouvrières peu qualifiées. Fermeture.

- De très nombreuses petites et moyennes entreprises, liées aux grandes par de multiples liens, ont aussi fermé. Elles comptaient près de 3 000 emplois dans une ville de 38 000 habitants.

Ces emplois disparus n’ont pas été remplacés. Certes de nouveaux emplois ont été créés : des bureaux qui viennent avec leurs salariés sans créer d’emploi sur place ; des entrepôts peu créateurs d’emplois et de taxe professionnelle ; des grandes surfaces.

Avant les choses étaient relativement simples. Les jeunes allaient au collège d’enseignement technique – les CET – et devenaient chaudronnier, tourneur, fraiseur, ajusteur, dessinateur industriel pour les meilleurs. Ils trouvaient immédiatement un emploi après leur certificat d’aptitude professionnelle, le CAP. Ils devenaient ensuite P1, P2, P3 ou même PHQ. Ceux qui sortaient des classes dites de « fin d’étude » trouvaient aussi un emploi comme OS (ouvrier spécialisé) ou manœuvre. Tout le monde était inséré par l’emploi.

Les entreprises qui ont disparu ne vont pas revenir. Alors comment s’en sortir ? Où et quand ces jeunes vont-ils trouver des emplois ?

Par la création d’entreprise ? Si la création d’entreprises est évidemment souhaitable, elle ne va pas compenser l’hémorragie que je viens de décrire.

Les emplois aidés ? Qu’ils concernent le secteur marchand (les entreprises privées) ou le secteur non-marchand (les associations ou collectivités locales), ils ne remplaceront jamais, ni quantitativement ni qualitativement les emplois disparus.

La politique de baisse des cotisations sociales ? C’est une obsession gouvernementale depuis une vingtaine d’année dont on voit aujourd’hui les résultats mirobolants. Cette politique n’a aucun impact positif sur l’emploi, pas plus que toutes les autres mesures de libéralisation du marché du travail.

La formation ? Mais à quoi voulez-vous former ces centaines de milliers de jeunes exclus du système scolaire ? Pour faire quoi et occuper quels emplois ? Pour les faire patienter en attendant une hypothétique « reprise économique » ? Pour les occuper ? Parce que c’est « mieux que rien » ?

Oui, il faut absolument, de toute urgence, dire la vérité. Aucune augmentation de la croissance économique n’est susceptible de permettre des créations d’emplois pour tous ces jeunes, et moins jeunes, aujourd’hui au chômage. Avec les politiques néolibérales il n’y aura jamais plus de travail pour tous les jeunes et moins jeunes des villes de « périphérie ». C’est fini. Terminé. Disons-le. Non pas pour accabler, mais pour donner de l’espoir et politiser le débat.

Que faire ? Des causes structurelles, qui concernent prioritairement l'état du marché du travail appellent des solutions qui le sont aussi. Pour autant, la nécessaire transformation du marché du travail ne peut pas faire l'économie d'un travail de réhabilitation symbolique de ces jeunes des cités qu'on dit « en difficulté » : c'est la difficile mission des travailleurs sociaux. Elle est un complément indispensable des réformes de structure, mais elle est vouée à l'inefficacité sans ces réformes de structure.

La « conversion » politique, la repolitisation, suppose un travail militant de longue haleine. Un travail politique diamétralement opposé en tout cas à la course-poursuite qui a conduit progressivement une partie significative de la gauche à s'aligner sur la droite dans la surenchère répressive.

L' « ethnicisation » ou la « communautarisation » des rapports sociaux est par ailleurs possible pour deux raisons : le première tient à un processus de ségrégation sociale et spatiale redoublé par le racisme ambiant qui produisent de facto un groupe séparé, « ethnique » ou « communautaire ».

La seconde tient à la décomposition politique, également liée pour partie au sauve-qui-peut des « établis » qui abandonnent à leur sort les « marginaux » : pour ceux qui sont scolairement, professionnellement, politiquement disqualifiés, la religion peut apparaître comme l'ultime ressource symbolique disponible et les imams peuvent évidemment trouver dans ces cités abandonnées de tous une terre de mission.

Mais, il n'y a là rien d'inéluctable : tout est affaire de mobilisation politique. C’est cela la vérité : affirmer le primat du politique, politiser et repolitiser la population. Comment donner le souffle et l’ampleur nécessaires à cette perspective, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest ? Permettez-moi d’évoquer rapidement cinq pistes :

1.- Expliquer inlassablement les causes du chômage car c’est une source d’espoir et de prise de conscience

Espoir car si le chômage a bien des causes politiques et non naturelle, comme la foudre qui va s’abattre, les solutions sont bien de caractère politique, c’est-à-dire accessibles à l’intervention humaine et non à des forces surnaturelles. Prise de conscience pour comprendre que le chômage est provoqué par les politiques de mondialisation (libre-échange, privatisations, exaltation de la compétition et de la concurrence, effacement de l’intervention de l’État…), la mondialisation n’étant que la réorganisation du travail à l’échelle planétaire.

2.- Rejeter la concurrence entre les territoires et promouvoir leur coopération

Les stratégies de mondialisation transforment les territoires en marchandises concurrentes les unes avec les autres. Pour « gagner » dans cette compétition il faut être « meilleur » que le territoire d’à côté. Comment y parvenir si ce n’est en développant son « attractivité » à coup de dumping fiscal visant à attirer les entreprises que d’autres élus, ailleurs, font tout pour garder chez eux.

Mais en faisant ainsi on déshabille Pierre pour habiller Paul. Les élus deviennent alors de simples agents commerciaux obnubilés par la manière d’aller « piquer » les entreprises de la ville voisine. Ils perdent peu à peu tout pouvoir politique et n’auront bientôt plus de ressources fiscales pour financer les politiques sociales.

3.- Défendre et promouvoir les services publics

La lutte contre la libéralisation et la privatisation est primordiale. À cet égard certaines collectivités publiques devraient faire leur examen de conscience et s’interroger sur les services publics qui ont été privatisés afin de les remettre au plus vite dans le domaine public. Et il y a la nécessité de mener de nouvelles luttes pour créer de nouveaux services publics.

Les besoins d’intérêt général sont en effet immenses en matière de logement, d’eau, de jeunesse, de petite enfance, de troisième âge, d’environnement… Des services publics peuvent être créés « par en bas », à l’échelle intercommunale. C’est le combat que nous menons dans le cadre de la campagne des collectivités « hors AGCS » qui prépare sa prochaine convention à Genève et à laquelle je vous convie.

4.- Montrer qu’il existe des emplois pour tous

La condition est de les créer dans des secteurs qui contribuent à améliorer la qualité de l’existence et non pour une croissance matérielle accumulatrice d’objets la plupart du temps inutiles. C’est la vocation du service public et même, dans certaines circonstances, des associations.

5.- Développer les alliances entre habitants, élus, associations et syndicats

C’est l’ambition du FALP qui se place dans la lignée des forums sociaux locaux, continentaux et mondiaux. Ces forums représentent une opportunité unique de dialogue entre des forces aujourd’hui dispersées : les élus, les associations, les syndicats. C’est la « triple alliance » de l’avenir, susceptible d’associer et de mobiliser la population, en incluant les travailleurs.

À ce propos il faudra bien, un jour ou l’autre, parvenir à construire un Forum social national. Il existe dans de nombreux pays, mais pas encore en France. Comment comprendre que ce qui serait bon aux échelles locale, européenne et mondiale ne le serait pas à l’échelle nationale ? Un tel forum serait unificateur. Voilà une perspective à laquelle pourrait s’associer le FALP.

Pour conclure je voudrais encore insister sur le fait que la question néolibérale, qui se confond avec la mondialisation et le chômage pour ne faire qu’une seule et même politique, est au centre de toutes nos préoccupations. C’est à sa clarification qu’il faut œuvrer, par un effort inédit de politisation et de repolitisation de la population.

Les collectivités locales, qui demeurent le corps politique le plus légitime dans des sociétés marquées par un profond phénomène de décomposition politique, ont toute leur place dans le mouvement altermondialiste. Beaucoup de ces collectivités travaillent avec le mouvement altermondialiste et s’associent de plus en plus à ses initiatives. Le moment n’est-il pas venu pour que des collectivités se déclarent désormais partie prenante de ce mouvement au point d’en devenir une composante à part entière ?

Je vous remercie.

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