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Par Jacques Nikonoff

Le 5 décembre 2000

Dans le livre La Monnaie dévoilée de Gabriel Galand et Alain Grandjean , les animateurs de l’association Chômage et Monnaie montrent, contrairement à ce que disent les monétaristes pour lesquels la monnaie n’a guère d’influence sur l’économie et qu’il ne faut y toucher que le moins possible, que celle-ci peut avoir un rôle actif. Pour l’association Chômage et Monnaie, il est clair que l’insuffisance de la demande explique le chômage. Parallèlement, d’importants besoins individuels et collectifs existent, ainsi que les moyens de production nécessaires à leur satisfaction.

Dans ce cadre, seule l’action publique peut avoir l’ampleur et la cohérence nécessaire à un redémarrage de l’économie. L’Association propose donc un programme de 1 700 milliards de francs de travaux et subventions sur 5 ans, permettant de réduire le chômage de moitié. De surcroît, un tel plan rendra à l’État sa santé financière tout en diminuant, à la fin de la relance, le poids de ses dépenses dans le PIB. Comment financer ce plan ? En rendant à l’État le droit de créer et de gérer sa monnaie, dans des règles et conditions garantissant que le procédé n’est pas inflationniste.

Ce programme de relance repose sur la commande publique. Il existe, d’abord, la commande publique directe, celle de l’État et des collectivités locales pour leurs besoins. D’autres acteurs économiques, ensuite, du secteur public ou du secteur privé, peuvent bénéficier de subventions publiques (dotations, aides...). Le tableau suivant montre, dans la première colonne, quel a été le financement public, ces vingt dernières années, pour certaines « rubriques » fondamentales de la vie collective. La deuxième colonne montre quel sera le besoin de financement pour les vingt années à venir.

Tableau 1 : Dépenses publiques sur vingt ans (en francs 1995)
Rubriques Financement public actuel Besoin de financement
Logement (ensemble des aides publiques) 4 400 6 000
Environnement (hors questions nucléaires) 850 1 500
Cadre de vie (y compris recomposition urbaine) 150 600
Aménagement du territoire 40 400
Patrimoine culturel (sauvegarde et mise en valeur) 60 200
Constructions scolaires et universitaires 1 000 1 500
Transports urbains 450 900
Transports interurbains (fer, rote, eau) 1 000 1 500
Transports d’énergie (dans le cadre européen) 200 400
Sécurité nucléaire et promotion de formes nouvelles d’énergie 50 200
Total 8 200 13 200
Source : Chômage et Monnaie

Les besoins de financement supplémentaire sont de 5 000 milliards en vingt ans. Dégager 1 700 milliards sur cinq ans n’apparaît donc pas exagéré. Comment trouver les financements ? Le principe de base est de financer le plan de relance par une création monétaire organisée par la banque centrale. On suppose que les besoins de l’économie en monnaie sont proportionnels au PIB. En 1997, la masse monétaire est de 1 600 milliards de francs.

Si elle doit augmenter comme le PIB, et que ce dernier croit de 5 % en volume et de 2,5 % en prix - soit 7,6 % - la masse monétaire doit croître dans la même proportion. Le supplément de monnaie à générer sans tension inflationniste est donc de 1 600 x 0,076 soit 120 milliards. Il faut aller plus loin, pour atteindre 400 milliards par an. On y parvient par le développement de crédits bancaires non adossés à de l’épargne.

Dans cette perspective, Chômage et Monnaie estime que le chômage est résorbé en dix ans, que le déficit de l’État se résorbe totalement en cinq ans et que les déficits sociaux se transforment en excédents dès la deuxième année, permettant ainsi de baisser les cotisations et d’augmenter les remboursements.

L’obstacle à la mise en œuvre d’une telle politique est constitué par les critères du traité de Maastricht et l’indépendance de la Banque de France. La relance proposée par Chômage et Monnaie nécessite donc une réforme du traité de Maastricht.

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