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Jacques Nikonoff : le candidat de la démondialisation

Samedi 11 février 2017 - 07:45
 

Candidat, plutôt anonyme, à l'élection présidentielle, Jacques Nikonoff est de passage à la Réunion.

Comment reconnaitre un candidat qui ne gagnera pas la prochaine élection présidentielle ? C'est celui qui accepte de venir boire un café dans les locaux du JIR. En toute simplicité. On ne va pas se mentir, peu de chance pour que Jacques Nikonoff soit le prochain président de la République. Première étape : récolter les 500 parrainages d'élus. Pas simple dans un système qu'il juge "verrouillé par les deux grands partis". Malgré tout, l'affaire avance bien dit celui qui vient aussi à la Réunion pour grappiller quelques signatures. "Nous avons ici deux ou trois contacts prometteurs", assure t-il.


Jacques Nikonoff est le candidat du Pardem, le parti de la démondialisation. Sur le sujet, il est aussi incollable qu'intarissable. Il expose. On résume : "La mondialisation néo-libérale est un système mise en place par les classes dominantes. Elle repose sur trois piliers : le libre échange, qui favorise les pays les plus puissants, la globalisation financière, véritable dictature des marchés, et les institutions supra-nationales, qui captent les prérogatives des états qui se retrouvent privés de leurs souverainetés". Deux propositions pour changer la donner : sortie de l'euro et sortie de l'Union Européenne. Pas pour "isoler la France, mais pour nouer de nouvelles alliances sans être soumis aux Etats-Unis".  Son discours a aussi sa traduction locale. "La Réunion est la parfaite illustration de ce shéma inégal. Sa monnaie, trop forte, est parfaitement inadaptée à son environnement économique", avance t-il, "le résultat, c'est que la logique d'économie de comptoir perdure. La métropole capte une partie des richesses de l'île et on crée une acclimatation à la dépendance aux aides européennes. On maintient les Réunionnais dans une logique d'assistanat, sans croire en leurs capacités à développer leur propre économie".

"Dominants contre dominés"

Une précision, de taille : Jacques Nikonoff, 65 ans, est tout sauf un uluberlu. On parle ici d'un haut-fonctionnaire brillant au parcours atypique. Il a connu le chômage, la précarité et la vie dans un quartier réputé difficile avant de réussir le concours d'entrée à l'ENA. Il a travaillé à New-York, pour la Caisse des Depots, avant de compter parmi les membres fondateur de l'association ATTAC, la célèbre organisation altermondialiste. Il a été membre de la direction du Parti Communiste français, professeur d'université à l’Institut d’études européennes de Paris et fondateur du Mouvement politique d’éducation populaire.
On le situe logiquement bien à gauche sur l'échiquier politique. Il corrige : "La question n'a plus de sens. Car gauche et droite ont pratiqué les mêmes politiques. Le vrai clivage c'est celui des dominants contre les dominés. Et nous on est du côté du peuple qui souffre". On le taquine. Le" ni droite - ni gauche", c'est la posture de Macron. Il sourit. "Oui, son prétendu succès, qui va vite se dégonfler, traduit un rejet de la classe politique traditionnelle. Mais Macron est le candidat de l'oligarchie, des ultra-riches et du Medef. Le gendre idéal, peut-être… Mais son discours, c'est du vent. Il porte aussi la responsabilité du bilan de Hollande. Si j'avais bénéficié du même traitement médiatique, je serai aussi à 25% d'intentions de vote dans les sondages. Et même beaucoup plus", ose t-il. Le revenu universel? "Je suis totalement contre. Etre payé à rien faire, c'est insupportable. Etre assisté, c'est déjà renoncer". Il milite pour la suppression totale du chômage. "Mais ça n'arrivera pas dans le système actuel. La magie, ça n'existe pas. La seule solution, c'est la démondialisation".
Le Pardem publiera dans quelques jours son programme adapté à la Réunion. Il sera, aussi, représenté aux législatives de juin. La liste des candidats locaux sera dévoilée d'ici peu.

Lukas Garcia


Jacques Nikonoff tiendra une conférence intitulée "Mondialisation - démondialisation", lundi à 18h, à l'amphi D1 de l'Université, à Saint-Denis. Il sera également au Tampon, à la fac, mercredi à 18h, pour une deuxième conférence baptisée "Peut-on supprimer le chômage à la Réunion".

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