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LettreAuxCommunes 4

 

fiche 12

pour une nouvelle diplomatie FRANÇAISE

programme de démondialisation

présenté par Jacques Nikonoff

Candidat à la présidence de la République française

Au titre du Rassemblement pour la démondialisation

 

23 janvier 2017.

 

Cette fiche fait partie de la IIe partie du programme (sur X parties), intitulée :

 

II.- Reconquérir la souveraineté de la France dans les domaines politique, militaire et diplomatique, en sortant de l’Union européenne, de l’OTAN, en démondialisant, pour bâtir de nouvelles relations internationales fondées sur le co-développement.

 

II-D.- Construire les cinq piliers d’une diplomatie française au service d’un nouvel ordre international

 

 

Libérer les pays qui utilisent le franc CFA

Le franc CFA est une monnaie coloniale qui doit, à terme, disparaître. Le retour au franc, en France, et sa non-convertibilité, contribueront à briser les liens de domination qui demeurent entre la France et les pays utilisant le franc CFA. Ce dernier, en effet, est encore la monnaie de 15 pays africains et des territoires du Pacifique[1] dont la convertibilité est garantie par le Trésor français. La Banque de France a la responsabilité de la parité entre l'euro et le CFA.

C’est la France, finalement, qui détermine la politique monétaire de ces pays. La Banque de France est le prêteur en dernier ressort de l’ensemble du système financier des pays de la zone franc CFA. Les anciennes colonies françaises n’ont donc aucune véritable indépendance car leur économie est contrôlée par la métropole. Le franc CFA est une relique de l’ère coloniale qui doit être démantelé.

Historiquement, la zone-franc a été créée, comme les autres zones monétaires modernes, après la Grande Dépression de 1929. Pour se protéger de la crise, les puissances coloniales se sont repliées sur leurs empires afin de s’isoler de la concurrence extérieure provoquée par la multiplication des dévaluations.

La zone franc, comme la zone sterling et la zone dollar, est donc née de la volonté d’isoler l’empire colonial français du marché international. C’était du protectionnisme. Elle a été institutionnalisée le 9 septembre 1939. Quant au franc CFA (franc des colonies françaises d’Afrique), il est né le 26 décembre 1945, le jour où la France a ratifié les accords de Bretton Woods.

Dans les pays d’Afrique concernés, le débat commence à se développer sur le rôle du franc CFA et la souveraineté monétaire[2]. Certains proposent de faire disparaître le franc CFA et de le remplacer par une monnaie africaine au service du développement.

Selon ses promoteurs, le franc CFA était censé protéger du risque de change avec la zone euro et faciliter l'accès au marché unique européen pour les produits africains. En réalité le franc CFA présente quatre inconvénients majeurs pour les pays qui en sont prisonniers.

D’abord, le franc CFA handicape gravement les relations commerciales de la zone CFA avec le reste de l'Afrique et le monde du fait de la politique de monnaie forte imposée par l’Union européenne. Le franc CFA, comme l’euro, est structurellement surévalué par rapport aux autres monnaies du Sud, les produits libellés en franc CFA sont trop chers pour ces pays.

La zone CFA se retrouve ainsi coupée des marchés du Sud et condamnée à exporter des matières premières bon marché vers le Nord. Ensuite, deuxième inconvénient, le franc CFA est un levier permettant le pillage des économies africaines. L’objectif final de l’Union européenne est évidemment de libeller les matières premières de la zone CFA en euro et donc d'éliminer tout risque de change pour son propre approvisionnement. Troisième inconvénient : la France se réserve les denrées de ses anciennes colonies et leur impose l’achat de ses produits manufacturés en leur interdisant tout développement industriel autonome.

La convertibilité du franc CFA avec l’euro permet le rapatriement sans risque de change des bénéfices des entreprises européennes implantées dans la zone CFA. La garantie de la convertibilité et de la libre transférabilité des capitaux dans la zone CFA a ainsi favorisé une sortie massive des capitaux. Le franc CFA permet à la France d’acquérir des matières premières sans sortir de devises… En dernier lieu, le franc CFA entrave la souveraineté des pays africains (et des autres qui font partie de la zone franc) qui ne peuvent définir eux-mêmes leur politique monétaire.

Le système financier dans les pays de la zone franc n’assume pas ses responsabilités pour encourager le développement. Les banques, dont beaucoup sont contrôlées par les banques de la métropole, ne cherchent pas à développer un réseau d’agences pour favoriser l’épargne et le crédit. La nationalisation complète des banques françaises résoudra ce problème.

La sortie de l’euro sera bénéfique aux pays africains partageant le franc CFA qui pourront recouvrer leur souveraineté monétaire. La France pourra coopérer et non dominer. D’ailleurs, un certain nombre de pays ont déjà quitté la zone franc. Certains l’ont fait lors de leur indépendance : l’ex-Indochine avec le Cambodge, le Laos et le Vietnam (1954), la Tunisie (1958), la Guinée (1958), le Maroc (1959), l’Algérie (1963), la Mauritanie (1973), Madagascar (1973). Preuve que l’on peut aller et venir, le Mali a quitté la zone franc en 1962 pour la réintégrer en 1984.

Quitter une zone monétaire ne présente donc pas de difficulté insurmontable et il en va de la zone euro comme de la zone franc. Cependant, la France ne prendra aucune décision unilatérale en la matière. Des négociations seront engagées, multilatérales et bilatérales, avec les pays utilisant le franc CFA. Ils décideront eux-mêmes de ce qu’ils veulent faire, la France les accompagnera.

 


[1] La zone-franc rassemble 15 États africains et des territoires du Pacifique répartis en quatre groupes. Huit États d’Afrique de l’Ouest formant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Côté d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Six États d’Afrique centrale formant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) : Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad. Il faut ajouter les Comores et les trois collectivités françaises du Pacifique : Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Nouvelle-Calédonie utilisant le franc Pacifique (CFP).

[2] Prao Yao Séraphin, « Le franc CFA, une monnaie coloniale qui retarde l’Afrique », Le Grand Soir, 3 février 2011 et Nicolas Agbohou, Le Franc CFA et l’euro contre l’Afrique, Menaibuc, 2008.

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