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LettreAuxCommunes 4

fiche 30

 

Réponses à quelques objections sur la sortie DE L’Union EUROPÉENNE et de l’euro

 

programme de démondialisation

présenté par Jacques Nikonoff

 

Candidat à la présidence de la République française

Au titre du Rassemblement pour la démondialisation

 

22 février 2017.

1.- Sortir de l’euro serait « rester isolé face aux marchés financiers et à la spéculation déchainée ». C’est exactement l’inverse. C’est aujourd’hui que nous subissons les marchés financiers et la spéculation. Y mettre un terme nécessite de les démanteler. Pour y parvenir la sortie de l’euro est impérative car la monnaie unique est l’agent propagateur et amplificateur des crises et de la spéculation.

L’État ne doit plus passer par les marchés financiers pour assurer sa trésorerie et les investissements publics, mais faire appel à l’épargne nationale ; imposer aux banques et compagnies d’assurance qui auront été nationalisées l’achat obligatoire de quotas de titres d’État à faible taux ; permettre à la Banque de France de faire des avances au Trésor à taux nul ou non-remboursables. Quant au marché des changes, son contrôle et celui des mouvements de capitaux sont des mesures classiques, simples et très efficaces qui stopperont net la spéculation.

2.- Il ne faudrait pas sortir de la monnaie unique mais « lutter pour un autre euro ». Encore une fois, c’est exactement le contraire qu’il convient de faire. Ce n’est pas « l’utilisation » qui est faite de l’euro qui doit être contestée, mais l’euro lui-même. Car il est totalement illusoire de convaincre les vingt-sept autres pays d’accepter de réviser le traité de Lisbonne à court ou moyen terme pour faire un « autre » euro. La crise, c’est maintenant ! C’est tout de suite qu’il faut la juguler, et cette perspective politique est incompatible avec le temps long que demande un changement des cultures politiques dans les différents pays membres de l’Union européenne.

3.- Il ne faudrait pas sortir de l’euro, car cela entraînerait une dévaluation du franc d’environ 25%, qui renchérirait d’autant le coût de nos importations alors que la France connait déjà un gros déficit de sa balance des paiements (70 milliards d’euros). Cette menace est grossière. En cas d’augmentation des prix de produits importés, beaucoup de consommateurs ne les achèteront plus. Ils rechercheront des produits similaires, mais fabriqués en France à un coût plus faible. Ce sera bénéfique à l’emploi. La sortie de l’euro est la condition nécessaire à la résolution de la crise, mais elle n’est pas suffisante. Il faut aussi :

  • Remettre en vigueur l’échelle mobile des salaires et des prix pour les salariés et retraités.

  • Baisser la facture pétrolière en diversifiant les approvisionnements auprès du Venezuela auquel la France n’achète pas de pétrole. Comme le fait Cuba, la France pourrait payer avec des aides techniques ou des mises à disposition de personnels. La fiscalité compte pour 75% dans le prix du pétrole. Il faut mettre en place un système pour la réduire quand les prix montent.

  • Diminuer les importations car la France importe trop de biens qu’elle pourrait fabriquer elle-même, ou qu’elle fabriquait avant les délocalisations. Il faut produire français en France, relocaliser et réindustrialiser le pays. Une politique de substitution aux importations est nécessaire, financée par des avances de la Banque de France. Il faudra produire en France des lave-linge, lave-vaisselle, fours à micro-ondes, appareils ménagers, chaussures, textile, meubles, jouets, téléphones portables, téléviseurs…

  • Bénéficier momentanément des effets de la baisse du franc de 25% (grâce à la dévaluation) en augmentant les exportations. Les conséquences seront positives sur l’emploi. Certes, il ne faut pas retomber dans les travers du libre-échange et de la priorité aux exportations. C’est pourquoi la France devra proposer à ses partenaires commerciaux de signer des accords bilatéraux s’inspirant des principes de la charte de La Havane rénovée (voir le site du Parti de l’émancipation du peuple) en visant l’équilibre de la balance des paiements et la coopération économique internationale avec tous les pays qui le souhaitent.

4.- Il ne faudrait pas sortir de l’euro, car la dette publique, détenue à 60% par des non-résidents, serait renchérie de 25% par la dévaluation. En outre, la dévaluation permettrait à des capitaux étrangers de mettre la main sur certains atouts productifs de la France. Encore une fois, c’est exactement le contraire qui se produira si la sortie de l’euro s’organise comme nous le préconisons. Pour mettre un terme à la crise, l’annulation de la dette publique est incontournable. Les créanciers remboursés le seront en francs (par création monétaire !).

Comme le franc ne sera pas convertible, ces créanciers regarderont ces francs comme une poule regarde un couteau. Ils n’auront qu’une seule solution : acheter des produits français avec les francs qui leur auront été remboursés. Non seulement la dette publique ne connaîtra pas de renchérissement, mais elle sera largement annulée. Une partie des 50 milliards d’euros de charge de la dette deviendra disponible pour financer des politiques sociales et des investissements publics.

5.- Il existerait un risque d’achat d’actifs productifs français par des capitaux étrangers. Le risque est inexistant dans le schéma que nous proposons. Le franc n’étant pas convertible, le contrôle des changes et des mouvements de capitaux étant en vigueur, aucun investisseur ne pourra se procurer des francs sans autorisation de l’État. Par ailleurs, il faut savoir que l’Allemagne, en avril 2008, a adopté une loi rendant nécessaire une autorisation pour « tout investissement supérieur à 25% du capital d’une entreprise dans le domaine des "infrastructures stratégiques" et dès lors que l’ "intérêt national" est en jeu » ? Pourquoi la France n’aurait-elle pas le droit, elle aussi, de voter une loi semblable, avec un taux de 1%, et pour toutes les entreprises ?

6.- Il faudrait transformer l’Union européenne et l’euro de l’intérieur. C’est un leurre. Pour bâtir un monde meilleur, il faut se libérer des institutions qui servent de piliers à l’ordre néolibéral mondial. Recouvrer sa souveraineté monétaire par des décisions nationales unilatérales est un impératif décisif pour les forces politiques qui souhaitent transformer la société. La thèse qui consiste à revendiquer « un autre euro, une autre Banque centrale européenne (BCE) et une autre construction européenne » présente un énorme point faible : les conditions de réussite de cette stratégie ne sont jamais évoquées. Et pour cause, car une telle stratégie ne peut pas réussir, jamais les Vingt-Huit ne se mettront unanimement d’accord dans un délai relativement bref pour un « autre » euro. C’est pourquoi une solution nationale s’impose.

Comment parvenir à ce but et quelle est la probabilité d’obtention d’un accord unanime des 28, nécessaire à toute révision du traité de Lisbonne ? Elle est nulle. Sauf à vivre sur une autre planète, ou croire à la baguette magique, personne ne peut imaginer qu’il y aura unanimité des 28 à court ou moyen terme. Que faudra-t-il dire aux citoyens ? Qu’il faut lutter pour que les 27 autres pays acceptent cet « autre euro » ? Il n’y a rien de pire pour démobiliser et démoraliser la population, car nous n’avons aucun moyen de faire bouger les autres peuples, hormis la force de l’exemple. Deuxième hypothèse : admettons que certains pays sont favorables à « un autre euro », et d’autres non. Cette situation, bien que fortement improbable à court et moyen terme, est quand même moins invraisemblable que la précédente. Que fait-on ? On impose quand même cette « autre » conception de l’euro, de la BCE, de la « construction » européenne aux pays qui ne sont pas d’accord ?

Il faudrait donc faire voler en éclat la règle de l’unanimité requise pour réviser les traités ? Bafouer la souveraineté de ces pays ? Mettre en place un directoire franco-allemand qui aurait le pouvoir au sein de l’UE ? Est-ce le modèle politique à suivre ? Après avoir essuyé un refus des 27 autres pays membres de l’UE, que fera un gouvernement français qui se sera lancé dans cette aventure ? Pour nous il devra prendre la décision unilatérale de sortir de l’euro et de l’Union européenne.

7.- La sortie de l’UE et de l’euro que nous préconisons est dénoncée par certains comme une « solution purement nationale ». Oui, en effet, si rien n’est possible dans le cadre de l’UE, une solution « purement nationale » doit s’imposer. Ou alors il n’y aura pas de solution du tout ! Sortir de l’UE et de l’euro ne signifie pas se fâcher avec les autres pays. C’est le moyen de construire de nouvelles relations débarrassées de leur gangue néolibérale.

8.- On entend parfois dire que la sortie de l’euro serait entravée par la dette publique nationale libellée en euros pour les pays qui voudraient sortir. Elle deviendrait trop onéreuse à financer dans une devise nouvellement restaurée et dévaluée. La restructuration de la dette ne peut s’opérer dans des conditions optimales que si elle est libellée non plus en euros comme actuellement, mais dans la monnaie nationale. Il n’y a donc pas d’entraves possibles à la sortie de l’euro sur ce plan.

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