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LettreAuxCommunes 4

 

fiche 53

PRIVATISATIONS OPÉRÉES SOUS LE GOUVERNEMENT DE JACQUES CHIRAC (20 MARS 1986 AU 10 MAI 1988)

programme de démondialisation

présenté par Jacques Nikonoff

Candidat à la présidence de la République française

Au titre du Rassemblement pour la démondialisation

1er mars 2017.

Les entreprises suivantes seront nationalisées si elles existent encore, ou celles qui leur auront succédé :

 

Saint-Gobain

L’entreprise a été fondée en 1665 par Colbert, sous Louis XIV, sous le nom de « Manufacture royale des glaces ». Elle est privatisée en 1806, puis renationalisée en 1982. Implantée aujourd’hui dans soixante-six pays, elle emploie près de 185 400 personnes en 2014. L’entreprise se présente comme le « leader mondial de l’habitat durable ». Ses marques principales seront également rendues à la Nation : ISOVER, PAM, Weber, Placo, Gyproc, Certain Teed, Jewson, POINT P, Lapeyre…

Sa capitalisation boursière est déjà comptée car elle figure dans le CAC 40.

 

Paribas

La Banque de Paris et des Pays-Bas a été fondée en 1872 à la suite de la fusion de plusieurs banques. En choisissant de devenir une banque d’affaire et non plus une banque commerciale, elle ne sera pas nationalisée en 1945. Son activité portera sur la restructuration du tissu industriel français. Elle est nationalisée en 1982 et prend le nom de Paribas. En 2000 elle fusionne avec la BNP et s’appelle désormais BNP Paribas.

BNP Paribas sera nationalisée. Sa capitalisation boursière est déjà comptée dans les banques, elle fait partie en outre du CAC 40.

 

TF1

Elle est la continuation de la Radio-télévision française (RTF) créée en 1949, puis de la « Première chaîne » à la suite de la création de la « Deuxième chaîne » en 1963, avant de devenir la « Première chaine » de l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) en 1964. En 1974, avec prise d’effet en 1975, la loi° 74-696 du 7 août supprime l’ORTF et crée sept organismes autonomes, dont l’État conserve le monopole, placés cependant sous la tutelle du Premier ministre :

  • Trois sociétés nationales de programmes de télévision : Télévision Française 1 (TF1), Antenne 2 (A2), France Régions 3 (FR3).
  • Une société nationale de radiodiffusion sonore : Radio France.
  • Deux établissements publics à caractère industriel et commercial chargés de la production et de la diffusion : Société française de production (SFP) et Télédiffusion de France (TDF).
  • Un institut national de l’audiovisuel (INA).

TF1 sera privatisée en 1986, elle devient une société anonyme avec pour actionnaire principal le Groupe Bouygues (45%).

TF1 sera nationalisée, ses fonds propres s’élevaient à 1,8 milliard d’euros fin 2013.

 

Crédit commercial de France (CCF)

Il est fondé en 1917 à la suite de la fusion de la Caisse de crédit de Nice, de la Banque suisse et française et de la Maison Aynard et fils. Il est nationalisé en 1945 et privatisé en 1987. En 2000 il est acheté par la banque Hongkong and Shanghai Banking Corporation (HSBC) et devient en 2005 HSBC France avec la Banque Hervet, la Banque de Picardie, la Banque Baecque Beau et l’Union des banques de Paris (UBP). En 2008 les filiales régionales sont revendues aux Banques populaires. HSBC France (ex-CCF) compte aujourd’hui 10 000 salariés.

HSBC France sera nationalisée. Sa capitalisation boursière est déjà comptée dans les banques.

 

Compagnie générale d’électricité (CGE)

Elle est fondée en 1898 par la fusion de plusieurs sociétés moyennes de fourniture d’éclairage afin de concurrencer les leaders de l’époque dans ce secteur : AEG, Siemens, General Electric. La CGE a été l’un des fleurons du capitalisme industriel français aujourd’hui en pleine décadence. Son histoire tourmentée, ici brièvement résumée, témoigne de sa grandeur et de son déclin.

En 1913, elle crée une filiale intitulée Compagnie générale d’entreprises électriques (CGEE). En 1925 elle absorbe la Compagnie générale des câbles de Lyon. En 1930, elle prend le contrôle de la Société des accumulateurs fixes et de traction (SAFT). En 1968, elle prend le contrôle de l’Alsacienne de constructions atomiques, de télécommunications et d’électronique (Alcatel). En 1969, elle devient l’actionnaire majoritaire d’Alsthom (fabrication de locomotives et de moteurs). En 1971, elle prend le contrôle de la Société générale d’entreprises, appelée aujourd’hui Vinci (génie civil, bâtiment, travaux industriels, service électrique). La CGEE est renommée CGEE-Alsthom. En 1976 sa filiale Alsthom absorbe les Chantiers de l’Atlantique qui devient Alsthom-Atlantique, contrôlé en totalité par la CGE.

En 1982, la CGE est nationalisée. En 1983, les activités de télécommunications publiques et de communication d’entreprise de Thomson-CSF sont regroupées au sein d’une holding Thomson télécommunications passant sous le contrôle du groupe CGE. En 1986, la CGE prend 40% du capital de Framatome.

En 1987, la CGE est privatisée. En 1989, Alsthom fusionne avec la branche GEC Power Systems du groupe britannique General Electric Company, la nouvelle entité se dénomme GEC Alsthom, filiale commune de GEC et de la CGE. En 1991, la CGE prend le nom d’Alcatel Alsthom. En 1998, Alcatel Alsthom décide de se recentrer sur ses métiers de base, les télécommunications, et décide avec GEC de vendre en Bourse 52% du capital de GEC Alsthom, chacun en conservant 24%. GEC Alsthom devenue indépendante décide de prendre le nom d’Alstom, sans h. De son côté Alcatel Alsthom se renomme Alcatel et compte 75 000 salariés. Sa filiale Cegelec est revendue à Alstom.

En juin 2001, Alcatel fait sensation quand son PDG, Serge Tchuruk, annonce qu’il se donne 18 mois pour devenir une « entreprise sans usine », l’entreprise passant alors de 120 usines à 2. L’idée est de céder les usines à des sous-traitants. Depuis cette annonce les effectifs sont passés de 131 000 à 76.000, car une « entreprise sans usines » est évidemment aussi une entreprise sans salariés… Pour cette performance, Monsieur Tchuruk a touché 5,6 millions d’euros pour avoir le droit de partir de l’entreprise.

En 2006, Alcatel et l’américain Lucent Technologies fusionnent pour devenir Alcatel-Lucent. Parallèlement Thales acquiert l’activité spatiale et satellites d’Alcatel en contrepartie d’une montée d’Alcatel dans le capital de Thales (21,6%).

À son apogée, la CGE intervenait dans la construction électrique, les câbles, les centraux téléphoniques et l’électronique, la construction mécanique (locomotives, turbines, compresseurs, chantiers navals, réseaux de distribution électriques, centrales thermiques classiques), les accumulateurs, les grands chantiers d’ingénierie.

Alcatel-Lucent sera nationalisée, sa capitalisation boursière est déjà comptée dans le CAC 40.

 

Société générale

Elle est fondée en 1864 par un groupe d’industriels « pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France » et devient la première banque française en 1920. Elle est nationalisée en 1945 et privatisée en 1987. En 1997, elle acquiert le Crédit du Nord et Sogénal. En 1999 elle acquiert la Banque Roumaine pour le Développement (BRD) et l’Express Bank en Bulgarie. En 2001, elle achète la Komerční Banka en République tchèque et la SKB Banka en Slovénie.

Le groupe Société générale compte 148 300 collaborateurs, il est présent dans 76 pays. Banque universelle, le groupe se compose de trois grands piliers, soutenus par deux métiers :

  • Les réseaux de détail en France (Société générale, Crédit du Nord et Boursorama).
  • Les réseaux de détail à l'international avec International Banking and Financial Services (IBFS).
  • La banque de financement et d’investissement (SG CIB) qui gère d’un côté la Banque de financement et les Fixed Income, le financement structuré, la dette, le Forex, et de l'autre côté les Equity et les activités de conseil.

En soutien au développement de ses trois piliers, les deux autres lignes de métiers du Groupe sont : Services financiers spécialisés & assurances ; Banque privée ; Gestion d’actifs et Services aux investisseurs.

La Société générale sera nationalisée, sa capitalisation boursière est déjà comptée dans les banques et le CAC 40.

 

Havas

L’Agence des feuilles politiques est fondée en 1835 par Charles-Louis Havas, elle est la première agence de presse au monde. En 1945 elle est nationalisée et se lance dans le tourisme, la presse gratuite, la presse professionnelle, l’édition et la télévision à péage. En 1987, elle est privatisée et prend la dénomination de Havas SA. En 1997, Havas SA absorbe CEP Communications, 2e groupe éditorial français. En 1999, Havas SA devient une filiale à 100 % de Vivendi. En 2000, Havas SA est renommée Vivendi Universal Publishing. À partir de 2004, l'homme d'affaires Vincent Bolloré commence à prendre des participations dans Havas. Vincent Bolloré est nommé président de Havas en 2005, son fils Yannick Bolloré est le PDG depuis 2013. Havas est aujourd’hui le premier groupe publicitaire de France, et le sixième mondialement.

Havas sera nationalisée, ses fonds propres au 30 juin 2015 s’élevaient à 1,5 milliard d’euros.

 

Mutuelle générale française (MGF)

En 1828, l’avocat Louis Basse (1768-1851), qui deviendra maire du Mans et député de la Sarthe, crée la Mutuelle immobilière du Mans dont la vocation est d’assurer contre le feu tous les biens immobiliers. En 1842, il fonde la Mutuelle mobilière du Mans. En 1883, Jean-Marie Lelièvre fonde au Mans la Mutuelle générale française accidents (MGFA). En 1884, les trois mutuelles du Mans se rapprochent et deviennent la Mutuelle générale française (MGF). Celle-ci prendra un essor à partir de la loi de 1898 qui instaure la responsabilité patronale en cas d’accident du travail.

En 1917, la Défense automobile et sportive (DAS) est créée au sein du groupe par le fondateur des 24 Heures du Mans pour assurer contre les dangers de la circulation routière. En 1920, toujours au sein du Groupe, est créée la Mutuelle générale française vie (MGF Vie) qui deviendra la 4e société d’assurance-vie française en 1925. C’est en 1922 que le Groupe des mutuelles du Mans voit le jour, rassemblant toutes ces sociétés.

En 1946, les MGFA et MGF Vie sont nationalisées (loi du 29 avril 1946) pour « soustraire l’industrie de l’assurance aux influences financières et restituer à l’assurance son véritable caractère de service public ». En 1969, lorsque l’assurance-maladie devient obligatoire, la MGFA, la MGF Vie et la Mutuelle du Mans incendie se rapprochent et créent le Groupe des mutuelles du Mans. En 1971 la DAS rejoint le Groupe.

En 1987, les MGF sont privatisées. La MGFA absorbe les MGF et devient le Groupe des mutuelles du Mans assurance composé de trois entités : Mutuelle du Mans IARD, Mutuelle du Mans Vie, DAS. En 1999, le Groupe des mutuelles du Mans assurance devient MMA (Mutuelles du Mans Assurances).

En 2002, MMA rachète les activités françaises de Winterthur. En 2006 MMA fusionne avec Azur Assurances et élargit en 2008 son activité à l’épargne et à la banque.

Les Mutuelles du Mans Assurances seront nationalisées, leurs fonds propres sont déjà comptés dans les compagnies d’assurances.

 

Banque du bâtiment et des travaux publics

Elle est fondée en 1919 par les Chambres syndicales du Bâtiment et celles des Travaux publics sous le nom de Banque Corporative du Bâtiment et des Travaux Publics. (BCBTP). Elle se consacre aux entreprises et organismes de la profession. Elle participe au financement de l’exploitation de ces entreprises et leur délivre les cautions nécessaires à l’obtention des marchés publics. En 1999 elle devient une filiale à 99,9% du Groupe Crédit Coopératif.

Le Groupe Crédit Coopératif sera nationalisé, ses fonds propres sont déjà comptés dans les banques.

 

Banque industrielle et mobilière privée (BIMP)

Créée dans les années 1920, cette banque spécialisée dans la gestion de patrimoine n’existe plus aujourd’hui. Elle avait fusionné en 2002 avec la Banque Vernes au sein de Dexia Banque privée France. BNP Paribas a ensuite acquis Dexia Banque Privée France, entraînant la disparition de BIMP.

 

Mécanique Aviation Traction (Matra)

Matra est fondée en 1937 sous le nom de Compagnie anonyme de production et réalisation aéronautique (CAPRA), issue elle-même de la Société des Avions Bernard en liquidation judiciaire. La société est alors spécialisée dans la sous-traitance aéronautique. Repliée dans la région de Toulouse au début de la Seconde Guerre mondiale, elle prend le nom de Matra en 1941. Elle fabrique de l’armement pour l’Allemagne. En 1945, elle échappe de peu à la nationalisation.

Après la guerre, Matra continue dans l’armement : lance-roquettes, missiles. En 1962, elle se diversifie dans l’aérospatiale, l’automobile et la plasturgie. En 1977, Jean-Luc Lagardère devient PDG, la société connaît le succès dans les satellites, les missiles, le matériel militaire. Matra achète Europe 1, Hachette, Manurhin (armes terrestres et machine-outil), Péritel, Depaepe (téléphone), Jaeger et Jaz (horlogerie), Solex.

En 1981, Matra est nationalisée comme toutes les entreprises de Défense, l’État ne prend cependant que 51% du capital, la branche communication est séparée des activités industrielles. Le Groupe va ensuite se restructurer et ne garder que les filiales automobiles (l’Espace distribuée par Renault), le téléphone et l’informatique.

En 1987, Matra est privatisée, Jean-Luc Lagardère devient l’actionnaire de référence avec seulement 6% du capital. De son côté Hachette reprend La Cinq, opération qui va conduire à la liquidation de la chaîne et engloutir tous les fonds propres du Groupe. En 1996, Matra noue des alliances avec le britannique General Electric Company et l’allemand DASA, l’activité missiles tactiques est mise en commun avec British Aerospace et la création de Matra BAe Dynamics. En 1999, Matra fusionne avec le groupe public Aérospatiale qui pilote Airbus et Ariane et devient le Groupe Aérospatiale-Matra. En 2000, le Groupe Aérospatiale-Matra formera avec l’allemand DASA et l’espagnol CASA le Groupe EADS.

Actuellement, Matra Électronique, filiale à 100% du Groupe MBDA, intervient dans les domaines suivants : Défense (matériel électrique et électronique pour les missiles et systèmes de Défense) ; aéronautique (équipements électroniques embarqués) ; pétrole (prospection) ; espace (cartes électroniques…) ; santé (neuro-stimulateurs implantés, prothèses actives…). Par ailleurs une filiale Véhicules électriques produits des vélos et des scooters électriques.

Matra Électronique sera nationalisé.

 

Suez

La Compagnie universelle du canal de Suez est fondée en 1858 par Ferdinand de Lesseps pour percer et exploiter le canal de Suez entre la Méditerranée et la mer Rouge. Il sera inauguré en 1869. En 1956, Nasser nationalise le canal et verse d’importantes indemnités à la Compagnie. En 1958, celle-ci est rebaptisée Compagnie financière de Suez et organise sa reconversion en multipliant les participations et investissements dans différents secteurs de l’économie. En 1959, elle crée la Banque de la Compagnie financière de Suez, rebaptisée Banque de Suez et de l’Union des mines en 1966. En 1974, cette banque fusionne avec la Banque d’Indochine pour devenir la Banque Indosuez.

La Compagnie financière de Suez est nationalisée en 1982, puis privatisée en 1987. En 1990, elle prend le nom de Compagnie de Suez. En 1997, elle fusionne avec la Lyonnaise des Eaux pour donner naissance à Suez Lyonnaise des Eaux, les activités Eaux sont regroupées dans une même branche. La Société Lyonnaise des Eaux et de l’Éclairage (SLEE) avait été fondée en 1880.

En 2003, les activités Environnement (eau, déchets, énergie) sont regroupées au sein d’une branche unique avec la création de Suez Environnement. En 2008, Suez fusionne avec Gaz de France et devient GDF Suez, puis Engie.

Engie sera nationalisée, sa capitalisation boursière est déjà comptée dans le CAC 40.

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