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Des impôts, pour quoi ? Pour qui ? Comment ?

Par Attac, coordination de Jacques Nikonoff et Vincent Drezet

Mille et une nuits, février 2005

Présentation

" Trop d'État, trop d'impôts ! ", ne cesse-t-on de nous marteler. Et les hommes politiques de reprendre cette antienne. La doctrine néolibérale a choisi sa cible : les impôts, dans lesquels elle voit un obstacle à l'accumulation illimitée des revenus et des fortunes. Elle a vu juste. L'outil fiscal est bien l'instrument politique qui permet une véritable redistribution de la richesse, et donc la réduction des inégalités économiques et sociales... En France, historiquement, l'impôt a été utilisé pour contribuer à l'équilibre social, en prélevant davantage sur les riches que sur les pauvres, et pour financer les services publics. Cette époque est révolue. Désormais, les revenus du travail sont très lourdement taxés : en 1996, 25,8 % (contre 8,3 % pour les revenus du capital), alors qu'en 1970 le prélèvement correspondant était de 16,4 %. Il est donc indispensable de réfléchir à l'utilisation de l'outil fiscal pour financer toutes les solidarités. Quelle part pour les impôts indirects ? Quelle architecture de notre système national ? Et demain, en Europe et dans le monde ? La question des ressources budgétaires, tant au niveau national que communautaire, est escamotée dans le débat public. Pourtant, la fiscalité s'intéresse à vous. Intéressez-vous à la fiscalité.

ViventLesImports

Articles

Dominique Charpentier
Alternatives Economiques n° 236 - mai 2005

AlternativesEco

 

Normal qu'Attac s'intéresse à ce sujet, puisque l'association est née, initialement, pour soutenir une proposition de taxe internationale sur les mouvements de capitaux. Mais les auteurs soulignent aussi que la fiscalité est le révélateur de choix politiques implicites : ce n'est pas la même chose de taxer le travail ou le capital, d'avoir un impôt progressif ou linéaire, des services publics ou de recourir au marché, etc. La fiscalité française, à cause du poids de l'impôt sur la consommation et de la faiblesse de l'impôt sur le revenu, est sans doute plus injuste qu'ailleurs. D'autant que, depuis quelques années, son importance diminue encore et que de nombreuses règles aboutissent à réduire les prélèvements sur les plus fortunés, tandis qu'augmente une fiscalité locale régressive.

Pour les auteurs, la mondialisation a accentué ces évolutions et le discours libéral, attaché à réduire la place du social et de l'Etat, tend à persuader la population de la nocivité de l'impôt. A l'encontre de ces discours, ils proposent donc des impôts plus progressifs ou plus équitables (écotaxes), capables de réduire les inégalités et de concrétiser les solidarités à l'échelle mondiale.

Le programme est ambitieux et, même si les auteurs l'estiment réaliste, on regrettera qu'ils passent un peu vite sur certaines contradictions (dénoncer la taxe sur les produits pétroliers tout en prenant position en faveur des écotaxes, par exemple) ou certaines interrogations (toutes les dépenses publiques sont-elles utiles et justifiables ?).

La campagne
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