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Par Jacques Nikonoff

Le 6 novembre 2016.

La conférence nationale réunissant les cadres du PCF s’est tenue le 5 novembre à La Villette à Paris. Elle avait été convoquée pour préciser la stratégie du Parti communiste français pour l’élection présidentielle.

Un événement rarissime et probablement historique s’est produit : le secrétaire national, Pierre Laurent, a été mis en minorité. Pierre Laurent, la veille de cette conférence nationale, avait annoncé qu’il préférait soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon plutôt qu’une candidature communiste. Or c’est l’option d’une candidature communiste qui est arrivée en tête avec 53 %. Le soutien à Mélenchon n’a recueilli que 42 %, alors que l’attente du résultat de la primaire socialiste n’a obtenu que 5 %.

 

Il est très positif que le PCF ne soutienne pas Mélenchon, mais il l'a fait pour de très mauvaises raisons. L’option de la candidature communiste qui a gagné, dans le contexte actuel, n’a strictement aucun sens. D’autant que, finalement, cette décision sera remise en cause selon le résultat de la primaire socialiste.

Il est en effet impossible de soutenir Jean-Luc Mélenchon qui refuse obstinément de s’engager dans la démondialisation et de se prononcer clairement pour la sortie unilatérale de la France de l’euro et de l’Union européenne. Certains reconnaissent cette énorme lacune du dirigeant du Parti de gauche, et pourtant font campagne pour lui. Car ils croient qu’il a des chances d’être présent au deuxième tour.

C’est une triple erreur.

D’abord, le score de 15 % que les sondages donnent parfois à Jean-Luc Mélenchon est purement conjoncturel. C’est parce qu’il n’y a pas d’autre candidat déclaré à gauche. Lorsqu’EELV et le Parti socialiste auront terminé leurs primaires et désigné leur candidat, le score de Monsieur Mélenchon se dégonflera.

Ensuite, deuxième erreur de soutenir Jean-Luc Mélenchon, la détestation du Parti socialiste et de la gauche en général est telle en ce moment, que l’on ne voit pas très bien comment Monsieur Mélenchon pourrait arriver en 2e position à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle. Il faudrait pour cela que Monsieur Mélenchon soit devant le candidat du PS, devant Macron, devant Juppé ou Le Pen. Cela fait beaucoup ! C’est tout à fait invraisemblable.

Enfin, le soutien à Jean-luc Mélenchon empêche de soutenir le seul projet d’une véritable alternative, celui de la démondialisation que je porte. Si le PCF avait refusé son soutien à Mélenchon parce que Jean-Luc Mélenchon ne voudrait pas démondialiser et sortir de l’euro et de l’Union européenne, j’aurais applaudi des deux mains. Mais c’est pour des raisons exactement inverses.

La direction du PCF reproche entre autres deux choses à Monsieur Mélenchon :

En premier lieu, elle lui reproche d’être trop critique vis-à-vis de l’Union européenne. C’est un comble, c’est tout à fait baroque, car les critiques que porte Monsieur Mélenchon à l’Union européenne sont parfaitement inoffensives.

En second lieu, le PCF reproche à Monsieur Mélenchon d’avoir annoncé seul sa candidature et de le placer devant le fait accompli. C’est pourquoi la majorité de cette conférence nationale a choisi « une candidature communiste ». Sur ce point, je suis d’accord avec Pierre Laurent quand il considère qu’une candidature communiste serait calamiteuse. Comme en 2002 (Robert Hue avait fait 3,37 %) et en 2007 (Marie-George Buffet avait fait 1,93 %).

On ne voit pas comment le PCF pourrait faire mieux aujourd’hui alors que sa productivité politique s’est encore affaiblie. Pierre Laurent ne veut donc pas courir ce risque. Il préfère s’adosser au Parti socialiste, surtout que derrière la présidentielle il y a les législatives. Il n’y a plus actuellement que 11 députés communistes contre 16 avant 2012. Une candidature communiste, pourtant, compte tenu de la stratégie et du programme de ce parti, ne présente aucun intérêt politique.

La stratégie de la direction du PCF est de mettre en place une nouvelle « gauche plurielle » avec EELV et les frondeurs socialistes. Il est vrai que les socialistes frondeurs et EELV, comme le PCF, sont viscéralement opposés à la démondialisation et à la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Cette stratégie, sur ce plan, est parfaitement cohérente. Qui se ressemble s’assemble.

Mais si on veut mettre un terme au chômage et à la dégradation continue et généralisée des conditions de vie dans notre pays, il faut commencer à engager le processus de démondialisation. Ce que refusent de faire le PCF, les frondeurs socialistes et EELV. Non à une nouvelle gauche plurielle !

Comme la direction du PCF est farouchement opposée à la démondialisation et à la sortie de l’euro et de l’Union européenne, une candidature communiste ne présenterait aucune alternative réelle. J’ajoute même que tous les communistes sincères qui souhaitent redonner de la vigueur à leur parti ont tort de réclamer une candidature communiste.

Si le candidat communiste est issu de la direction actuelle du PCF, il ne se distinguerait en rien, sur les questions essentielles, du candidat du Parti socialiste. Si une telle candidature était finalement choisie, elle ne recueillerait qu’un score extrêmement modeste, faisant reculer toute idée de renaissance du communisme en France.

La candidature communiste résonnechez certains communistes comme une formule magique. Il leur suffit qu’il y ait le mot communiste. Ils ne regardent pas le contenu. Avec de telles conceptions, ils n’ont strictement aucune chance d’avancer.

L’option d’une candidature communiste choisie à cette conférence nationale laisse toutefois la porte ouverte à un futur soutien à Jean-Luc Mélenchon ou Arnaud Montebourg. La décision du PCF, en effet, sera remise en jeu après le résultat de la primaire socialiste. Voilà un extrait du texte adopté à la conférence nationale de samedi :

« Cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité ».

Traduction.

Si Arnaud Montebourg arrive en tête de la primaire socialiste, le PCF le soutiendra. En échange le PCF se verra offrir par le PS quelques circonscriptions aux législatives. Mais Monsieur Montebourg est un social-libéral. Comme Monsieur Macron. Et comme Messieurs Valls et Hollande. Certes, il a utilisé la notion de « démondialisation », mais le contenu qu’il lui a donné n’est que de la pure rhétorique. Il ne veut pas, lui non plus, sortir de l’euro et de l’Union européenne.

Il faut cesser ces jeux politiques stériles.

Le moment est venu de se concentrer sur les projets capables de redresser la France. C’est pourquoi j’appelle les citoyens et les élus qui veulent un programme de libération nationale et de justice sociale à soutenir ma candidature et à me donner leur parrainage. Le temps est venu du Rassemblement pour la démondialisation !

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